Paris. Le photographe Peter Granser présente deux séries de photographies dont «Coney Island» qui apparaît comme une critique en creux de la culture populaire américaine.
Lors de sa création au tout début du XXe siècle, l’île de Coney Island au large de New York, était considérée comme un véritable paradis sur terre, l’utopie des classes moyenne et ouvrière ouvert toute l’année, terre promise mécanique. C’était un lieu public sans danger et convivial dont l’accès était bien moins onéreux que celui du paradis lui-même. L’île contenait pas moins de trois parcs d’attraction : A Steeplechase Park, qui ouvrit ses portes en 1897, les visiteurs faisaient des courses de chevaux mécaniques. Luna Park, ouvert en 1903, se targuait d’être un «paradis électrique». Dreamland, inauguré en 1904, proposait des simulations de promenades sous-marines, de promenades aériennes et un spectacle de combat contre les flammes. Coney Island était unique et sa renommée internationale. Depuis, les choses ont changées. Il reste un musée rempli de souvenirs et un seul parc.
Citoyen autrichien établi en Allemagne, Peter Granser, lorsqu’il photographie récemment Coney Island, est tout particulièrement attentif aux exagérations et absurdités qui ornent les contours de la culture populaire américaine. Son objectif présente le rêve américain de loisirs et de spectacles mécaniques sous un angle un peu triste, captant un mélange de doux sourires et de néant, d’humour froid et de mélancolie, qu’il évoque comme le «merveilleux charme morbide» de l’île. Les photographies que Peter Granser a prises à Coney Island peuvent apparaître comme une série de comptes-rendus à la fois simples, amusants, nostalgiques et tristes d’un endroit particulier, mais elles synthétisent également l’inlassable quête du plaisir de l’Amérique. Malgré les familles et les couples qui se pressent pour faire un tour de montagnes russes, il émane une certaine solitude des plages et de la promenade qui les longe.
Les plages et les promenades des photos de Granser tendent à être délavées par le soleil, mais lorsque les bleus, jaunes et verts chartreux éclatants du parc d’attractions réclament l’attention, il la leur accorde volontiers. Sa contemplation tranquille révèle l’exceptionnel tapi dans l’ordinaire. Coney Island symbolise une culture dans laquelle la quête du bonheur est un objectif pas toujours atteint, dans laquelle la vie quotidienne erre au milieu de sites de divertissement et d’univers de rêves artificiels. Granser lui-même dit de Coney Island qu’elle est «parfois drôle, parfois étrange, parfois tragique et parfois mélancolique, exactement comme la vie».
Pour plus d'informations sur Coney Island, voir notre série d'articles Le Grand Historique des Montagnes Russes.
Infos pratiques
Lieu :
Galerie Kamel Mennour
72, rue Mazarine. 75006 Paris . M° Saint Germain
Horaires : du mardi au samedi de 11h à 19h30
Contact : T. 01 56 24 03 63/64
contact@galeriemennour.com
www.galeriemennour.com
Entrée libre
Le catalogue d’exposition de Peter Granser « Coney Island » est disponible à la galerie.